passerelle aéroport Handinary Stories

Merci Jeffrey pour l’anecdote. La rédaction c’est moi.

Il est de ces voyages qu’on n’oubliera jamais, qui resteront gravés…

Jeffrey se souviendra longtemps de son périple pour aller rendre visite à ses copines dans le sud de la France. L’aller lui avait valu une petite dose de stress, souvenez-vous. Mais alors, le retour… Digne d’un sketch, d’une caméra cachée!

Pour commencer, ce qui, dans le sens du départ, ne l’avait pas trop gêné (il avait à sa disposition un grand nombre de magasins en tous genres), va se révéler moins drôle au retour. Cette fois, les longues heures qu’il a dû attendre entre ses deux vols ont été légèrement plus pénibles. Seul, dans le terminal G de l’aéroport, il faudra patienter 5 heures 15 dans un no mans land… Une seule boutique dans laquelle il n’y a rien, un stand, pas beaucoup mieux, avec quelques trucs à grignoter et une toilette. Génial.

Tout ça parce qu’entre les précédents vols possibles, il n’y avait qu’1h20 de correspondance, et que la plateforme de réservation exige qu’il y en ait au moins 1h30 pour permettre à l’assistance d’effectuer les transferts de passagers. Pour Jeffrey, ce sera donc 5h15 d’attente. Cool.

Le voilà dans le premier vol de retour. Il vient d’atterrir. Il attend le personnel du service d’assistance qui, c’est le règlement – et c’est surtout bien plus facile pour les transferts, doit envoyer deux personnes pour le sortir de là.

Un gars arrive, seul. Logique. L’hôtesse s’énerve un peu, lui dit que ce n’est pas normal, que c’est vraiment pénible ce manque de professionnalisme. Jeffrey, lui, entre les deux, attend, encore.

Pas de temps à perdre, l’hôtesse retrousse sa jupe et, c’est décidé, c’est elle qui fera la seconde personne pour porter Jeffrey, on ne va pas y passer des heures quand même!

Le transfert, c’est fait. Mais visiblement, le mec de l’assistance n’est pas non plus très à l’aise avec la chaise qui doit servir à passer entre les sièges… BAM, BIM, BAM, BIM, chaque accoudoir va y passer.

Dans le sas, doit se trouver le fauteuil de Jeffrey. Indispensable puisqu’il est équipé d’une double main courante. Jeffrey n’a qu’un bras valide et sans son fauteuil « spécifique », il va tourner en rond, littéralement, pendant 5h15!

Mais, surprise, il n’est pas là!

– Mon collègue (sur le tarmac) vous le met déjà dans le prochaine avion.

– Heu, non, impossible, mon prochain vol est dans 5h15. Et si je n’ai pas la double main courante, je vais faire des tours sur moi-même pendant tout ce temps!

– Ah! oui! Ok! Heu, attendez.

Et là, ils voient bien, tous les deux, le chargement de son précieux fauteuil sur le chariot à bagages, qui va partir en direction de l’autre avion…

Notre ami de l’assistance – qui doit vraiment faire ses premières heures de travail dans un aéroport, ce n’est pas possible autrement – il fait quoi à ce moment là? Et bien, il tape à la vitre, malgré le bruit, et il fait des signes.

– Hey! Hey! Non, attendez…

– Il faudrait peut-être l’appeler. Ou descendre le voir avant qu’il ne soit trop loin, non?

– Ah! oui, attendez, ne bougez pas!

– Non, c’est sûr, je ne bougerai pas…

Il descend en courant la passerelle (il y met de la bonne volonté quand même), part à gauche – c’était à droite, remonte – il a oublié la clef, et redescend encore, un peu plus vite. A droite cette fois…

C’est « Mission Impossible« ! Votre mission, si vous l’acceptez, est de récupérer le fauteuil roulant de Jeffrey…

Le collègue en bas, lui, continue son boulot. Il a fini de charger, il baisse la bâche sur le chariot des valises. Normal.

Et enfin, il arrive près du chariot.

– Attends, s’il te plaît, j’ai besoin du fauteuil que tu as chargé, c’est grave, j’en ai vraiment besoin.

Evidemment, c’était sûr, Jeffrey, l’a bien vu de là haut que l’autre, il tire la tronche et fait la grimace en descendant le fauteuil qu’il avait déjà rangé.

Et notre vainqueur du jour se tourne vers Jeffrey l’œil triomphant, limite les bras en l’air et – si, si – lui fait un double signe OK

We are the champions, my friends
And we’ll keep on fighting till the end
We are the champions
We are the champions
No time for losers
‘Cause we are the champions of the World

Si ça s’arrête là? Ah ben non, trop facile, Jeffrey doit encore atteindre le terminal. Et pour ce faire, ils attendront encore 30 minutes qu’une autre collègue vienne avec la navette.

– Punaise, c’est pas possible ça, qu’est-ce qu’ils font? se plaint notre champion.

C’est vrai qu’étant donné que son taf à lui était irréprochable, il le peut… Se plaindre.

Et la navette arrive enfin. C’est une camionnette avec des sièges, une rampe à l’arrière et une place pour le fauteuil. Des attaches pour le fauteuil? Ah ben non, hein! Pourquoi faire, ça ira comme ça lui dit la collègue. C’est une américaine, un accent du tonnerre, un look digne des séries d’un autre temps. Jeffrey est dans Dallas maintenant.

Elle voit bien que Jeffrey est un peu inquiet des conditions de transport mais elle le rassure, évidemment.

– T’inquiète, je gère, tu es en sécurité. Et puis, ça ne pourra pas être pire, dit-elle en éclatant d’un vieux rire gras.

Le terminal est enfin devant lui, Jeffrey y entre, sain et sauf et, avec tout ça, il a gagné 1 heure sur son temps d’attente. Elle est pas belle la vie?

 

 

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2 Comments

  1. 😀 vive les voyages!! sacrée histoire tout ça !!! une extraHandinary Story! Très bien retranscrite par cette talentueuse Stef haha !

    Heureusement tu connais la situation pour me croire :)

    C’était vraiment quelque chose, mais rien de bien méchant et surtout ça m’a permis de faire passer mes 5h15 de correspondance ! hahaha

    A bientôt pour de nouvelles aventures sur Handinary Stories <3

    Jeffrey

  2. A l’enregistrement, ils ont dû oublier de mettre la fameuse petite étiquette rose à accrocher sur le fauteuil qui stipule que le celui-ci doit être récupéré à la porte de l’avion…

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