Photo Alberto Varela- https://www.flickr.com/photos/artberri/ - License CC BY 2.0

Appelez cela comme vous voulez, instinct maternel, amour maternel, instinct de parent tout court, amour inconditionnel, je n’en sais rien. Mais toujours est-il que, si votre enfant risque de se faire du mal, une pulsion inconnue se réveille en vous qui vous pousse à le protéger. Coûte que coûte, c’est lui qui passe au premier plan.

Ce jour-là, je décide d’aller faire un tour dans mon village avec une amie. Je n’ai pas encore de fauteuil électrique. Mon amie me pousse et moi, telle une maman attentionnée, je tiens ma fille sur mes genoux, fermement. Elle a un peu moins de trois ans. Elle marche certes mais, parce qu’on est un peu loin de la maison et que la route n’est pas sûre, je préfère cette solution.

Comme je l’ai déjà abordé dans un autre article de ce blog, les routes de mon village ne sont pas pratiques. Pour les fauteuils, pour les poussettes, pour les vélos, pour les trottinettes, pour les scooters… Elles sont pourries pour tous. Pas de discrimination au moins.

En tant que piéton ou maman à roulettes, il n’est pas rare de risquer de tomber, de se prendre un trou monstrueux ou d’être obligé de marcher au milieu de la rue. C’est un peu notre « Ruée des Fadas » à nous.

Ah Bon?! Vous ne connaissez pas cette course de grands fous qui, en plus de devoir faire 12 kms, doivent les faire en passant un maximum d’obstacles, en se trainant dans la boue, en grimpant sur des murs glissants, en traversant des tunnels, etc ?

Disons que j’adorerais relever ce genre de défi mais là, il s’agit juste de se promener tranquillement.

Arrivées devant l’école de ma fille – heureusement fermée – je vois à sa fenêtre une mamie, un papi qui marche au loin, la voiture de l’infirmière du village qui arrive en face, un couple qui se balade lui aussi…
Et là, c’est comme si on tournait un film au ralenti, ou comme dans les pubs où le temps s’arrête et tout le monde se tourne vers un seul et même point.
Là, je me prends les roues dans un trou et je me vautre!

Tout s’enchaîne, le Flash Mob commence!

Moi, je tombe en avant, la petite avec, ma copine se penche et m’attrape par le T-Shirt du mieux qu’elle peut, le papi s’agite pour arriver très vite, la mamie reste à sa fenêtre, le couple court vers nous, l’infirmière pile et sort en courant de sa voiture. Bref, la participation à l’événement rencontre un succès fou!

Bien essayé pour tout le monde mais le mouvement continue. Je touche le sol, juste après et – par conséquent – sur ma fille que je n’ai pas lâchée! Si ce n’est pas l’instinct maternel ça!

Heureusement, ma copine Virginie a réussi à ralentir un peu les choses sans déchirer mon joli T-Shirt ni me mettre à poil au milieu de la rue. Ma puce n’a rien et moi, juste quelques petites écorchures grâce à mon Airbag du jour.

Tout ce petit monde autour de moi se presse pour me remettre sur le fauteuil, me rendre un peu de dignité. Et puis continue son chemin. Le Flash mob est terminé.

Les gens en parlent encore quand ils me croisent dans le village.

On peut le dire: je suis douée pour l’événementiel!

 

 

About The Author

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Close