handi cache-cache stef2

Nous sommes à moins d’une semaine de ton départ en vacances ma belle et voilà que ton angoisse monte, tes sentiments se mélangent, ton envie est toute aussi forte que ta peur…

Je le vois dans ton regard, dans tes gestes, dans cette façon que tu as de me serrer contre toi quand est venu le moment de la journée où l’on se raconte nos moments préférés. Juste avant de se dire bonne nuit.

Qu’est-ce qui se passe ma puce? Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler?

Je te laisse te raconter. Si tu en as envie. Si tu en as besoin. J’attends. Mon stress est bien présent lui aussi mais je le garde pour moi, mon ange. Inutile d’en rajouter.

J’ai peur qu’il t’arrive quelque chose !

Qui va te tenir les portes ?

Qui va tenir ton fauteuil si il glisse quand tu sors de la douche ?

Qui va te donner ce qui est trop bas ou trop haut ?

Et pour la voiture, c’est plus simple si je suis avec toi !

Je te regarde tellement belle, tellement touchante, tellement toi !

Maman, j’ai peur.

Maman, je ne veux pas te laisser.

Maman, tu es sûre que ça va aller ?

Maman, deux semaines sans moi, c’est peut-être trop long, tu ne crois pas ?

Je te réponds, je te rassure, je te rappelle que tout ce qui compte, c’est ce qui dans tes prochaines vacances va être beau, trop cool : la joie, les surprises, la famille qui t’attend, les activités que tu vas faire. Je te parle de l’enfance et des souvenirs gravés à jamais, de l’innocence, de la vie…

Mais mon ange, mon amour, mon soleil, mon cadeau du ciel, j’y pense aussi à ça…

Et, je me dis, et si toute cette peur était ma faute ?

Et si, inconsciemment, j’étais responsable du fait que toi et toi seule, tu ne vois que mes difficultés, mes besoins, ma dépendance.
On prend tellement vite l’habitude de solliciter nos proches, on profite de cette aide à portée de main.

Je prends l’habitude et j’oublie, j’oublie que toi tu t’inquiètes, que toi tu vis aussi avec mes difficultés, avec la différence, avec une maman différente.

J’oublie que toi tu aimerais de temps en temps être une petite fille comme les autres et c’est bien normal !

Alors, tu vois, je garde tout ça dans un coin de ma tête et je te promets d’y être attentive. Encore plus !

Tout ceci, ma princesse, même si je sais aussi que je ne suis pas que cela à tes yeux !
Je sais que tu connais ma force et ma ténacité.

Je sais que TU ES force, courage, exception. Je sais que TU ES indépendance, indulgence, contre l’injustice. Je te sais déterminée, sensible, hyper-sensible. Je sais que tu nous aimes, que tu nous testes aussi mais que ton attachement est fort et rare. Je sais que c’est dur pour toi de dire, de montrer, d’exprimer. Et c’est une victoire pour moi ces confidences. Je mesure ma chance, cette confiance qui nous lie l’une à l’autre.

Je t’aime, et je te protège.

Vis ta vie d’enfant et ne t’inquiète pas. Surtout ne t’inquiète pas.

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7 Comments

  1. Bah^^!!…
    Me voilà en larmes d’émotions à cause de toi Stef…,
    ta Shtroumpfette est un être exceptionnel et votre amour et relation à vous deux est rare et précieux et les parents de votre qualité d’écoute à Karim et toi sont bien rare. .. ta puce à une grande complicité et ce n’est que bonheur de lire votre complicité et ses doutes de ne plus être là pour te seconder pendant ses vacances. ..petite perle. .. tu as intérêt de l’appeler matin et soir pour lui rendre des comptes de tes journées sans elle. ..

  2. C’est tellement Beau Stéphanie :-) y’ a pas de mots! J’espère que moi aussi un jour j’aurai cette chance

    Gros gros Bisous <3

  3. Je te lis et me rappelle.
    Comment j’ai découvert un jour aussi les inquiétudes de ma fille, son maternage.
    Comment j’ai du redresser la barque famille.
    Combien cela a été difficile afin que tout d’un coup, elle ne se sente pas inutile.
    Combien cela a été difficile afin qu’elle ne se sente pas abandonnée.
    J’ai du personnellement faire appel à une thérapie familiale, elle a fait une dépression car de plus, elle s’est rendu compte combien mon mari m’enfoncait.
    Elle est adulte maintenant, a fait sa vie, est mariée, a un fils de 3 ans et va accoucher de son second dans un mois.
    Mais ils ont dû revenir ici.
    Enfants boomerangs que la vie ne gâte pas.
    Et c’est moi qui vais partir, car le petit de 3 ans commence aussi à vouloir faire des choses pour Mamie.
    Mais ce qu’il faut reconnaître, c’est que ce sont des enfants ayant une grande compréhension des problèmes humains, une grande empathie et ma fille est malgré une grande timidité intransigeante devant les inégalités et explique nos difficultés aux gens qui ne comprennent pas. Exemple, une grande surface de vêtements affiche un macaron cabine d’essayage pour handicapés. Ayant le petit en buggy, elle en use. Le gérant vient la trouver et elle lui montre combien le magasin est inaccessible. S’ils avaient pensé à écarter les rayons, la porte de la cabine faisait moins de 80 cm et il y avait un seuil de deux marchés à l’entrée de celui-ci.
    Voilà les enfants que nous faisons. Des adultes qui font la passerelle entre les deux mondes.
    Je suis fière d’être sa maman.

  4. Une belle déclaration d’amour maternel à son enfant.
    C’est beau, c’est rare et cela fait tant de bien de lire tous ces mots empreints d’amour.
    Encore merci.
    Louise (La Grenouille d’ALARME)

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