hugs-of-couple-finger-crazy-love

Merci à Esteban pour cette anecdote. La rédaction c’est moi.

Pas de bras, pas de nana?

Sérieux?! C’est ça qui m’attend dorénavant?

Peut-être que sans les deux bras, ça aurait été plus compliqué pour emballer. Mais avec un seul bras amoché, un seul, ça devrait le faire?!

Si j’évite de dire viens dans mes bras, ça passera ni vu ni connu, non?!

Esteban se réveille un peu groggy au lendemain de son terrible accident de voiture.

La veille, il préparait la fête de la musique prévue deux jours plus tard, et là, aujourd’hui dans son lit d’hôpital, il ne peut que constater les dégâts.

Il bouge un peu les jambes, ok, c’est bon, elles répondent. Il tend les orteils, pas de souci. Il regarde son bras droit, ouf il n’a rien. Et ça tombe bien, il est droitier. Par contre, le bras gauche lui n’est pas au mieux de sa forme, il a même carrément morflé. Il va falloir l’oublier, il ne va plus pouvoir s’en servir visiblement… Il remarque encore quelques blessures par-ci, par-là qui lui laisseront de belles cicatrices. Il prend un miroir, regarde son visage, il a une sale gueule, c’est sûr, mais elle n’a rien! Il est toujours beau gosse! Et, putain, il a eu peur mais, au vu de la bosse qu’il a vue ce matin sous le drap, de ce côté là aussi, tout roule!

Pas de bras, pas de nana?

Si je me pose la question, c’est certain, les autres vont penser pareil, non?

Comment les filles vont-elles me regarder?

Vais-je plaire à nouveau? Vont-elles toujours craquer sur ma belle gueule ou ne verront-elles que le membre bizarre qui me sert de bras gauche?

Vais-je à nouveau caresser, toucher, donner du plaisir à une nana comme je le faisais avec mes deux mains, avant?

Esteban sourit en se remémorant ses premières inquiétudes.

Il est maintenant debout, plusieurs années après, devant un parterre d’étudiants quand, au bout d’un certain temps, on lui pose la question que tout le monde a en tête:
Est-ce difficile d’avoir une copine, de trouver l’amour quand on a un handicap?

Ses pensées se bousculent, il évoque ses « conquêtes », ses expériences. Ses souvenirs passent d’une avocate sublime à une tahitienne sensuelle, il repense à la douce folie vécue avec une collègue de travail, à toutes les filles qui ont vécu de beaux moments de complicité et surtout d’intimité avec lui.
Il partage, avec ces étudiants qui n’ont jamais été confronté au handicap, son bonheur d’avoir été et d’être toujours aujourd’hui un homme comblé.

A la sortie, une belle jeune nana l’attend. C’est celle qui est devenue sa femme aujourd’hui, son visage est radieux.

Ils n’ont pas de temps à perdre, ils ont deux petits bouts à récupérer. Une famille ordinaire dont le papa se sent fier, très fier!

 

N’hésitez pas, si vous aussi souhaitez partager une anecdote, c’est ici.

 

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4 Comments

  1. Très jolie texte.
    Et oui l’amour gomme l’handicap (enfin presque, l’essentiel c’est d’en parler le plus simplement possible). Etant sourd sévère appareillé, j’ai eu la chance d’avoir une femme qui m’a regardé au delà de ma surdité.
    Bonne soirée à toi

  2. Une très belle histoire !
    Je chantonne parfois la chanson d’Omar Pen : Mon mari.
    https://youtu.be/_QqFbICoE10
    Je suis hémiplégique à la suite d’AVC, et j’ai la chance d’avoir un mari, comme le dit si bien Vivien, qui regarde au-delà de mon handicap, un fils qui est bien dans ses baskets, un super entourage … Bref, une famille ordinaire… comme vous l’écrivez si bien !
    Bon dimanche

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